Quelle conception personnelle avez-vous de la durabilité ? Comme une question de matière, de dessin, d’usage, ou de désir ?
G.G. : Nous abordons la question de la durabilité à plusieurs niveaux. D’abord, de manière très concrète : ce sont des pièces conçues pour durer, par leur qualité de fabrication et par les matériaux employés. Elles sont faites pour traverser le temps, probablement au-delà de nous, et pour se patiner avec les années, sans jamais perdre leur pertinence. Elles n’ont, en ce sens, aucune forme de date de péremption. Ensuite, il y a une recherche plus fondamentale, presque personnelle : celle de l’intemporalité. Nous essayons de dessiner des lignes qui échappent aux effets de mode, avec parfois une certaine forme de classicisme, qui, pour nous, n’a rien de négatif. L’idée n’est ni de suivre les tendances, ni de les provoquer, mais de créer des pièces capables de s’inscrire dans la durée. Elles peuvent être plus ou moins désirées selon les périodes, puis revenir, être redécouvertes autrement. C’est sans doute là, pour nous, l’un des fondements essentiels de la durabilité.
F.L. : Et bien sûr, il y a les matériaux et les savoir-faire. Certaines matières, comme le bronze ou la pâte de verre, sont par nature presque inaltérables.